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   Éloge de la patine

 

Pas facile de se décider à patiner un modèle de prix. Se lancer dans le vieillissement d'un modèle Fulgurex ou Lemaco renvoie d'emblée à consentir une décote immédiate et volontaire en cas de revente. La loi du marché exige des modèles "mint" (jargon anglo-saxon s'appliquant à l'origine aux médailles et monnaies dans leur état de sortie de frappe) et avec la boite d'origine. Toute forme "d'amélioration" pourrait se traduire par la moue boudeuse d'un éventuel acquéreur qui en proposerait deux boutons de culotte. Certes, on n'achète pas toujours du Fulgurex en vue de le revendre, mais il est difficile de faire totalement abstraction de la question.

 

Pas touchée depuis sa transformation il y a vingt ans, cette 030 Bourbonnais (modèle Rivarossi très ancien) pêche avant tout par son moteur qui lui donne une vitesse de TGV. Les lanternes, bien trop grosses, mériteraient cependant d'être remplacées.

Cependant pour qui aime l'atmosphère, il est tout autant difficile d'accepter le clinquant des bielles et des cerclages de roues d'une belle vapeur. Aussi je ne dis pas qu'un jour mes (rares) Fulgurex y passeront ! 

Toutefois, procédons par étapes. Ma première expérience dans la patine fut une 030 Bourbonnais Rivarossi, transfigurée (à mes yeux, il y a vingt ans), puis récemment une 141R, de chez Rivarossi également (voir ici).

Depuis longtemps j'hésite pour les modèles haut de gamme, et cependant ….

 

LA 141 C LSL, avant patine


Je possède depuis quelque années une 141C Locoset Loisir (LSL), kit laiton fabriqué dans les années 1989-90, exemplaire monté et peint par le constructeur, racheté d'occasion à un particulier. J'aime cette machine, c'est d'abord une Mikado, mon type de prédilection. Elle est fiable, bien que très sensible à la qualité de pose de la voie. Sa capacité de traction me convient pour un réseau de taille moyenne. Seule la tenue de voie du tender, au centre de gravité très haut, est problématique en traction sur courbe quand la rame est longue. Ce tender a tendance à prendre de la gîte du fait du débattement angulaire trop important de la caisse sur les bogies. Mais on pourrait y remédier à l'aide de cales.

 

L'artisan LSL a monté 34 exemplaires de 141C SNCF noire, 30 exemplaires en vert et noir et 7 modèles de 141C ETAT en version d'origine. Par ailleurs 220 kits ont été vendus entre 1988 et 1992 (source LSL)


Coté décoration ma machine est entièrement peinte en noir profond, d'aspect parfaitement mat et possède des filets rouges un peu grossiers. Les roues sont bronzées noires et l'embiellage est dans la couleur naturelle argentée matte de l'arcap qui le constitue.

Un très beau modèle, jugez en, mais en l'état cette robe trop régulière et trop conventionnellement "modéliste" n'offre pas de capacité de suggestion. 

Et comme un kit laiton n'est paradoxalement neuf qu'à l'état non monté, le frein de la décote n'opère pas ! La notion de goût pondère largement la loi du marché. Alors pour ce modèle, je passe la ligne, à mon goût !

 

A l'état brut, l'embiellage, magnifique, n'offre pas un aspect très réaliste.

 

Sur une telle vue, les filets rouges, en particulier ceux du tender apparaissent franchement trop épais. Un aussi beau modèle mérite vraiment un traitement adapté.

 

C'est décidé, on patine !  LA SUITE

 

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