Les gorges de la Durance
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Plus que des gorges, il s'agit d'un véritable gouffre taillé à l'épée par le travail d'érosion de la Durance dans le verrou glaciaire. Ce site que je connais depuis mon enfance m'a toujours impressionné, avec le siphon de la conduite forcée qui forme une voûte à cette sorte de "porte de l'enfer". Ce site m'était tellement familier que le jour de mes photographies, j'en ai oublié de prendre une vue générale. Aussi je profite de cette lacune pour rendre hommage à de grands photographes ferroviaires. |
Lucien Maurice Vilain, dans "Vapeur en montagne" (Ed. APRODEF Tardy Lengellé - épuisé) nous propose cette magnifique 141 F au débouché des gorges, tractant un train mixte en provenance de Briançon. Un lâcher d'eau au siphon donne un caractère dramatique à la photo. Notez la ligne téléphonique, remplacée depuis longtemps par un câble enterré. Dans son livre, L-M Vilain parle de la Durance "qui achève là son cours héroïque", ..."se frayant un passage au bas de grandes pentes rocheuses à pic, tandis qu'une conduite forcée tel un reptile fabuleux, court sur la montagne, traverse l'étroite crevasse et perd un trop plein d'eau qui retombe en écume éblouissante". |
| Cette photo, publiée dans La vie du Rail à la fin des années 80 nous offre une vue d'ensemble hivernale du débouché de la Durance après qu'elle ait franchi ce long canyon de 5 kilomètres (cliché B. Collardey). |
Voir aussi les cartes postales anciennes présentant le même site

Après L'Argentière-la-Bessée dont on distingue les dernières maisons, la
ligne s'apprête à pénétrer dans les gorges de la Durance. Devant nous, le
coté amont du tunnel du Coul. Ce tunnel a permis à la ligne, après le pont
métallique sur la Gyronde descendant de la Vallouise, de franchir l'importante
moraine latérale laissée par le glacier (été 1984). |

Détail du même lieu. La voie a franchi une ancienne muraille en ruine communément appelée Mur des Vaudois (en référence à l'hérésie menée par Valdès qui avait trouvé refuge en Vallouise au XIIe siècle). C'est en réalité la Barris de la Bâtie, élevée pour s'opposer aux bandes de routiers qui sévissaient dans la région au XIVe siècle. Le passage de la voie a nécessité la démolition de l'une des 3 tours de cette "barricade" en 1882. |

Venant de l'Argentière un train de 6 voitures tracté par une 67000 s'engage dans les gorges.
Le train va entrer dans le tunnel des Jacquons.

Sortant du même tunnel, le même train poursuit vers Briançon. La ligne est établie à flanc de falaise dans une roche pourrie qui a empêché l'installation de la double voie sur ce tronçon. La pente est renforcée de plaques bétonnées gagnées par la végétation. |

Autre vue des gorges de la Durance. Tout ce parcours est, dès la sortie de l'Argentière, en rampe de 25 p. mille, ce qui en fait sur 5500 m. le tronçon le plus dur du parcours. Des pare-pierres sont visibles à l'intérieur de la courbe. |
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Emprunté à La vie du Rail, ce cliché de novembre 1979 montre une rame "tout Corail" passant le viaduc du Combal (longueur 137m, hauteur 20m) dans les mêmes gorges en direction du sud ; une composition pour les besoins de la publicité, comme le précise la légende de la photo ! |
Cette vue
prise depuis le sommet de
Montbrison (2825 m) offre une description complète du site. |

Au delà des gorges la vallée s'élargit et la rampe diminue pour déboucher sur la petite gare de Prelles.
La ligne reprenait (à l'origine) à double voie.

Détail de ce classique ponceau livrant passage à un chemin de champ.
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