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Le bassin industriel d'Aubin - Decazeville

 

 

                                                                                                                                Collection Christine Lombard, petite-fille d'un mineur de Decazeville

 Voici Decazeville, fleuron de l'industrie Aveyronnaise depuis la première moitié du XIXe siècle. La mine attire l'usine, vérité évidente au temps où la houille était le "pain de l'industrie". C'est ainsi que la présence du charbon de terre et du minerai, aux confins de l'Aveyron et du Lot incita l'ingénieur des Mines Cabrol à y établir une usine à fer. Il sut intéresser le duc Decazes, ancien ministre de la Restauration et ambassadeur à Londres et en 1830 furent fondées les "forges et fonderies de l'Aveyron". Commence alors une aventure industrielle où intérêts financiers et économiques, inextricablement liés au développement du chemin de fer et à ses besoins propres en matériaux (acier pour les rails, charbon pour les locomotives), furent l'objet de nombreuses péripéties.  

 

 

 

 

Les ambitions du duc Decazes pour relier sa fondation au réseau ferré se heurtèrent à celles du comte de Morny, demi frère du futur Napoléon III. Le comte de Morny venait de prendre en main la "société minière et métallurgique d'Aubin" et la présidence de l'éphémère "Grand Central de France", compagnie de chemin de fer visant à développer le réseau dans le massif central entre celui du "Midi" et celui du "Paris - Orléans". En définitive, Decazeville ne bénéficia que d'un embranchement sur la ligne Capdenac-Rodez ouverte en août 1858.

 

 

 

 

C'est précisément à Viviez que se raccordait l'embranchement pour Decazeville. Sur ce site très exigu le triangle formé par l'embranchement devint rapidement couvert de voies destinées à la formation et au stationnement des trains desservant les différentes usines. Viviez comptait un atelier de construction et d'entretien et une fonderie pour le zinc et le cuivre. 

Sur la carte postale, le bâtiment en construction à gauche est le futur hôtel des célibataires. N'oublions pas que l'histoire de ce bassin industriel est aussi une histoire d'hommes. Des ouvriers affluèrent de bon nombre de pays européens pour travailler et s'établir dans ce coin d'Aveyron. Aussi faut -il leur procurer des moyens de vie décents. Le mot hôtel ne doit cependant pas leurrer. Ce type de bâtiment, analogue aux casernes militaires, était organisé en chambrées de plusieurs dizaines de lits.

 

 

 

 

Aubin avait donné son nom au bassin houiller et malgré l'importance que devait prendre Decazeville, c'est toujours Aubin qui conservera cette primauté dans le libellé de la raison sociale. Comme la plupart des localités du bassin, le lieu cumule centre minier et métallurgique. Mais Aubin est surtout un centre métallurgique, avec les forges du Gua, cependant située sur la commune de Cransac, toute proche. Sur la vue, l'architecture particulière du chevalement et la section carrée de la cheminée témoignent des débuts de la période d'industrialisation.

 

 

 

 

A l'est du bassin, Cransac voit le développement d'un important combinat. La "Régie d'Aubin", constituée en 1857 lors du rachat du Grand Central par le P.-O. est alors exclusivement vouée par obligation aux besoins du chemin de fer (rails, coussinets, selles). Une fois l'ouverture des ligne nouvelles achevée, l'écoulement de la production entraîna des coûts pour le P.-O.. La Régie d'Aubin périclita, engendrant de lourdes tensions sociales qui culminèrent avec la grève de 1869. La Régie est vendue en 1882 aux "Aciéries de France". 

La vue nous présent une partie des immenses installations de Cransac.

 

 

 

 

Autre vue plus ancienne de Cransac, alors que le site industriel est encore peu développé. Il s'agit du quartier d'Auffet où sera érigé le chevalement du puits de mine qui portera le même nom. La machine fournissant l'énergie motrice sera flanquée de deux hautes cheminées cylindriques. 

Au fond à gauche, l'église saint Julien témoigne d'un passé plus ancien. Cransac est en effet une très vieux lieu de cure dont la première mention figure au consulaire de Conques datant de l'an 901.

 

 

 

 

Autre quartier fort industrieux de Cransac, le site des mines de Campagnac situé en bordure de la ligne Capdenac- Rodez. La vue est prise depuis les abords de la gare de Cransac. La machine et les wagons visibles à gauche sont sur les voies d'un embranchement industriel. La ligne principale est hors champ, plus à gauche.

 

 

 

 

Les importantes mines de fer de Marcillac étaient reliées à Decazeville par un chemin de fer à voie étroite de 0,66 m passant par Saint-Christophe et Firmi. La ligne d'une trentaine de kilomètres avait nécessité l'édification du viaduc de Malakoff, à la décoration particulièrement soignée pour un ouvrage de ligne industrielle, aux abords de Saint-Christophe. 

La vue nous montre l'établissement qui permettait de transborder dans les wagonnets le minerai provenant du site d'extraction de Mondalazac, acheminé au moyen des bennes d'un transporteur à câble. Le lieu précis de l'installation, situé entre Marcillac et Mondalazac, distants de 4 à 5 km, n'est pas connu.

Un premier et éphémère chemin de fer avait auparavant été établi pour évacuer le minerai de Mondalazac. En 1861 le P.O. avait fait construire une ligne à écartement de 1,10 m entre Mondalazac et la station de chemin de fer de Salles-la-Source (ligne Capdenac-Rodez) pour l'approvisionnement de ses aciéries à Aubin. Ce chemin de fer disparut en 1882, n'ayant plus de raison d'exister puisque le P.O. avait vendu la Régie d'Aubin aux Aciéries de France.

 

 

Bibliographie : 

La Vie du Rail n° 899, 2 juin 1963, Un curieux petit chemin de fer de Mondalazac à Salles-la-Source

La Vie du Rail n° 1233, 1er mars 1970, en particulier l'article de M. Vauquesal-Papin qui a permis de légender convenablement cette page

La bête noire - L'aventure du rail en Aveyron, depuis 1853 par Daniel Crozes - Ed. du Rouergue-1986

ASPIBD (Ass. de Sauvetage du Patrimoine Industriel du Bassin de Decazeville : http://aspibd.free.fr/index.php3 où une importante photothèque en ligne est disponible.

La France ferroviaire en cartes postales (Aquitaine - Midi-Pyrénées) par Maryse Angelier - Ed. La vie du Rail - 2002

 

 

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Sauf mention particulière, les cartes postales sont de la collection de l'auteur